Donner de la place au fleuve et réguler son cours

POURQUOI DEVEGETALISER CERTAINS BANCS DE SABLE?

Les prélèvements inconsidérés des sables de la Loire  par dragage, avant l’interdiction de ceux-ci, ont entraîné l’enfoncement du lit de celle-ci. L’abaissement du niveau des eaux ainsi provoqué à cause de l’émergence des bancs de sable autrefois immergés sur lesquels une végétation, notamment ligneuse, s’est rapidement installée.

L’enracinement de cette végétation fixe les limons de ces bancs de sable, que les courants entrainaient lorsqu’ils étaient immergés. Sur ces bancs  fixes  la végétalisation amène l’accumulation de matériaux . Ces îles installées obstruent le lit de la Loire mais aussi s’empêche l’évacuation des sables lors des hautes eaux et des crues.

L’installation définitive de ces bancs et îles cause une divergence du courant vers les bas de levées entraînant deux phénomènes:

  • L’affouillement des pieds de digues déjà fragilisés par l’abaissement du niveau de la Loire et des animaux fouisseurs.

  • L’augmentation de la poussée de l’eau sur les levées, lors des phases de crues, augmentant considérablement les risques de ruptures

    Le renforcement des ouvrages ne peut être conçu comme le remède unique à cette situation qui nécessite la coordination de deux actions:

    1- renforcer les points faibles des levées,

    2- rendre à la Loire un écoulement harmonieux de ses eaux en supprimant les zones d’obstruction dangereuse de son lit qui peut entraîner une augmentation de 30 à 40 cm du niveau d’eau.

  • La dévégétalisation: une action dans le temps. Enlever la végétation une année ne suffit pas car la nature reprendra ses droits dès l’année suivante anihilant les actions si un entretien n’est pas régulier. Ceci est pratiqué dans le département du Maine et Loire où les bancs de sable sont régulièrement scarifiés.

    Attention! Le but de cette étude n’est pas un cas de la transformation de la Loire dans un canal s’écoulant entre deux murs de digues mais bien de mener une action respectueuse de notre fleuve tant sur le plan hydraulique que naturel.

    La dévégétalisation des bancs de sable a pour objectif de rétablir la situation dans la Loire dans son état initial qui a été dégradé par les actions humaines des siècles précédents et de lui rendre la possibilité d’évacuer elle-même ses limons.

  • La protection des populations riveraines reste  un objectif qui n’est pas incompatible avec ces principes.

Les Embâcles

Il existe deux sortes d’embâcles:

  • Les embâcles naturels

  • Les embâcles de glace

  • Un embacle naturel est une accumulation de bois mort hétérogène par les provenant des débris ligneux de  la végétation ripisylve OU adjacente. Le barrage ainsi formé constitue  un frein à l’écoulement des eaux. Ce qui est traduit par une perte de charge localisée dont l’importance dépend du volume de matériau qui le constitue.

Cette perte de charge se concrétise en amont de l’obstacle par une élévation du niveau d’eau.

Cet embâcle peut être réalisé par la présence d’un pont (Langeais – Port-Boulet etc …) ou par les îles très végétalisées dans le lit mineur de la Loire.

Un embout de glace est un amalgame de glaçons dans un cours d’eau, qui peut être interrompu lors de débâcles.

Il faut  savoir, que les glaces exercent une pression sur l’obstacle sur lequel peuvent être des dommages structuraux ( par exemple emporter un pont).

Les glaces poussées sur les rives vont aussi endommager les sols et les bâtiments par effet de raclage.

 Libérer le lit de la Loire pour faciliter l’écoulement des eaux est une nécessité de bon sens et reste indispensable. D’autres solutions ont été envisagées pour les épisodes les plus brutaux des crues: Construire des ouvrages à stocker les afflux d’eau en amont et en aval de façon à faire les écoulements vers le cours moyen de la Loire. Mais les aléas politiques, et politiques, ont entravé la réalisation de ces projets.

²LE BARRAGE DE VILLEREST

Son histoire …

Ses effets …

Une réalisation est le fruit d’une réflexion ancienne.En effet, l’idée de construire un barrage à VILLEREST a germé dès 1860 chez les ingénieurs des Ponts et Chaussées de l’époque, dans le but de pouvoir assurer à Paris non besoin d eau potable de plus en plus grand.

La première guerre mondiale interrompt les études du barrage national, qui doit être reprise au début des années 1920. En 1924 interviennent les premiers sondages sur le terrain et en 1931, l’obtention par la ville de Paris du décret d’utilité publique. Abandonné puis reprend dans les années 1960, EDF qui veut produire l’électricité.

Malgré les retards dus à l’opposition d’une partie des populations locales une décision ministérielle du 1er octobre 1970 relance les études en faisant l’évaluation du projet pour un aménagement à trois fonctions. Les travaux de construction débutent en 1978 malgré de nombreuses oppositions (la construction fait disparaître des lieux touristiques les plus sauvages du centre de la France, les gorges de la Loire et les réserves archéologiques exceptionnelles).

Le barrage est définitivement achevé quatre ans plus tard, en 1982. Son bassin de retenue s’étend sur plus  de plus de 35 Kms , sa réserve est de 200 à 300 millions de m3.

Ce barrage est un géant de béton. Cet ouvrage de type poids est haut de 59 mètres et long de 469 mètres

Il a été conçu dans les années 1970 pour parer à un risque de crue centenale faisant courir un grand risque d’inondation à des villes comme Tours et Orléans, mais aussi pour réguler d’éventuelles sécheresses  sur la Loire.

Ses fonctions sont multiples et au vu de l’extérieur, il est même difficile d’imaginer qu’il existe une activité intense en son ventre.

Premiére mission du barrage: réguler l’étiage pour  assurer un débit minimum pour le fonctionnement et la sécurité des centrales électriques.

L’ouvrage permet également la conservation des crues dévastatrices en étant dimensionné pour pouvoir évacuer des crues de 8 500 m3. Il est vidé chaque année en fin d’été.

Ensuite troisième et dernière fonction après le soutien d’étiage et l’écrêtement des crues, la production d’électricité est assurée au barrage par l’usine hydroélectrique souterraine d’EDF et produit annuellement 167 millions de Kwh, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 70 000 habitants.

Un titre d’information, l’écrêtage opéré lors de la conférence de décembre 2003 a permis de réduire la hauteur de l’inondation de 1,50 m à Roanne, 90 cm à Nevers et de 50 cm à l’aval du bec de l’Allier. A Tours environ 40 cm

Lâchers des eaux

 

Croquis de la structure

 

 

Barrages poids

 

 

Un barrage poids est un barrage dont la masse ne suffit  à résister à la pression exercée par l’eau. Ce sont des barrages souvent relativement épais, dont la forme est généralement simple (leur section s’apparente dans la plupart des cas à un triangle rectangle )

Le barrage de Villerest est le seul réalisé deux autres projets ont étés abandonnés malgré une utilité potentielle certaine.

 

Un projet abandonné en 1999

CHAMBONCHARD sur le Cher

Dommage…

La superficie du bassin versant du Cher est de 14 000 Km2, soit environ 15 % de celle du bassin versant de la Loire.

D’un débit très irrégulier, le Cher peut descendre à moins de 1 m3, voire devenir nul certaines années au niveau de MONTLUÇON, comme il peut présenter également des crues importante 

                                                                                                                                                                 

 

L’EDF avait lancé des études à la fin des années 1960., sans suite.

Le projet de CHAMBONCHARD avec pour objectif de renforcer l’étiage du Cher, est dans les livres de l’Agence de Bassin Loire-Bretagne en 1970, où se suivent des études.

Déjà ce projet est très contesté par des associations environnementalistes.

Un rapport CHAPON de 1979 sur l’aménagement intégré du bassin de la Loire sur demande du Ministre de l’environnement envisage une capacité pour CHAMBONCHARD de 120 Millions de m3 pour le soutien d’étiage, avec en deuxième phase une installation de pompage d’eau potable pour la ville de MONTLUÇON en aval.Sachant que MONTLUÇON manque d’eau potable en période estivale, il s’avère donc important de prévoir une gestion équilibrée de la ressource en eau.

La réalisation de CHAMBONCHARD est inscrit dans le protocole d’accord en 1986 relatif à l’aménagement hydraulique de la Loire et ses affluents et qui autorise le acquisitions foncières.

Fin 1989, le projet présenté à une capacité de 125 Millions de m3, dont 100 utiles pour le soutien d’étiage et 25 pour l’écrêtement des crues.

Après de multiples réexamens, en 1994 il est décidé une retenue de 80 Millions de m3, dont 50 affectés au soutien des débits et 30 au développement local.

Le barrage de CHAMBONCHARD aurait dû être implanté sur le Cher, à 20 Kms environ en amont de MONTLUÇON.

Différents élus et Ministres ont freiné et relancé le projet, jusqu’au coup fatal en 1999.

Avril 1999, le Conseil d’Etat se prononce en faveur du projet de barrage.

Août 1999, l’abandon du projet du barrage est prononcé par le gouvernement.

Au total, l’Etablissement Public pour l’Aménagement de la Loire et de ses Affluents (EPALA) a dépensé 93 millions de francs pour le projet, dont 31,8 millions de francs pour les acquisitions foncières.

En 2005, l’EPALA devenu Etablissement Public Loire (EPL) annonce la rétrocession pour 1 € symbolique au Conseil Général de la Creuse, des terrains acquis par expropriation pour ce projet.

En 2006, il en fait de même vis-à-vis du Conseil Général de l’Allier.

En 2006, la cour administrative d’appel de Nantes condamne l’Etat à indemniser l’Etablissement Public Loire (EPL), notamment pour les acquisitions de terrains( soit près de 400 hectares) à la suite de l’abandon du projet de barrage de Chambonchard.

En 2008, le Conseil d’Etat décide compte tenu des dépenses engendrées dans le projet de verser 1 835 592 euros à l’Etablissement Public Loire.


En conclusion, que de dépenses inutiles, études ouvrage du Veurdre et retenue de Chambonchard, acquisitions foncières surtout sur Chambonchard pour des projets dont l’utilité était de caractère général reconnue, mais pas acceptée par les associations environnementales.

Sans aucun doute, ces deux ouvrages en complémentarité avec Villerest aurait été très bénéfique pour Tours et le Val de Bréhémont.

PROJET D’OUVRAGE ECRETEUR DU VEURDRE

abandonné le 27 Septembre 2002…

 

Les grandes crues de 1846, 1856, et 1866 (8000 mètres cubes par seconde) ont été prises en référence par l’E.P.A.L.A. pour calculer l’efficacité des barrages (celui de Villerest, construit sur la Loire en amont de Roanne et celui du Veurdre en projet). Celui du Veurdre diminuerait, pour sa part, le débit de crues l’Allier à 1000 m3 par seconde.

Cet ouvrage n’aurait fonctionné que pour des événements majeurs !

Le projet du Veurdre aurait dû être situé dans le lit majeur de l’Allier. Cet ouvrage transversal était prévu pour laisser transiter de façon transparente les écoulements courants et les crues les plus faibles sans conséquences pour l’aval.

L’ouvrage d’écrêtement ne serait intervenu donc que pour des événements majeurs.

Ses effets auraient été visibles tout au long de la Loire. La réduction du débit aurait été de 600 à 800 m3, ce qui aurait permis d’abaisser de 30 à 50 cm la ligne d’eau de la Loire du Bec de l’Allier jusqu’à Tours ;

Son rôle aurait été d’atténuer l’importance des crues, en permettant le stockage de ces crues en amont des zones à risques. Il n’avait pas vocation à être rempli en dehors des crues majeures.

Ce projet mesurait 15 m de haut pour 900 m de longueur.

La capacité du lac de retenue était de 140 millions de m3.

Dans le cadre de la stratégie de réduction des risques d’inondation du Plan Loire, cet ouvrage n’a pas été jugé prioritaire. Ne constituant pas seul une réponse suffisante, il a été convenu entre les partenaires que sa réalisation ne pouvait être envisagée « avant la mise en œuvre efficace des actions indispensables sur les levées et de réduction de la vulnérabilité dans les vals »

 

 

 

Fréquences des crues naturelles et influencées par les ouvrages de Villerest et du Veurdre aux stations de référence Loire moyenne.

 

 

 

 

Au moment de l’étude de ce projet, les ouvrages de Villerest et du Veurdre permettent de réduire de 37% le montant du préjudice annuel moyen des inondations en Loire moyenne. Dans le scénario intermédiaire sur la tenue des levées, l’écrêtage de la crise par Villerest et le Veurdre permettait de diviser par deux le montant des dommages que provoquait un événement comparable aux grandes crues du XIXe siècle.