Le Val de Bréhémont

Le Val de BREHEMONT

Le Val de Bréhémont s’étend sur la rive gauche de la Loire, d’amont en aval, de la commune de Villandry jusqu’à celle d’Avoine (centrale électrique nucléaire). Il contient tout ou partie des communes suivantes:

Villandry

La Chapelle aux Naux

Lignières de Touraine

Bréhémont

Rivarennes

Rigny ussé

Huismes

La Chapelle sur loire

Avoine

Ce territoire sur lequel travaillait ou résidait environ 3000 personnes (dont la moitié sur des terres inondables) a une activité agricole et artisanale et, sauf la centrale nucléaire d’Avoine, pas d’implantations industrielles majeures.

Une population peu nombreuse, une activité économique faible, n’ont pas fait du Val de Bréhémont une zone prioritaire pour les services chargés de l’entretien des levées, du lit de la Loire, de la gestion des problèmes hydrauliques, entraînant la création de notre Association il ya une dizaine d’années. Une évolution s’est dessinée ces dernières années . Les épisodes de crues violentes qui ont ravagé d’autres régions les ont certainement aidé à prendre conscience de l’acuité du problème même si les zones de forte densité de population restent prioritaires

HYDROGRAHIE

Le Val de Bréhémont est délimité, dans le sens Nord Sud, par le lit mineur de la Loire et le coteau délimitant le lit majeur de cette-ci et en son extrémité Est par le confluent de la Loire et du Cher

Trois cours d’eau principaux l’irriguent:

La Loire

Le Cher

L’Indre

Auquels il faut ajouter le lit du Vieux Cher qui court de Villandry au lieu dit Rupuane (en amont de Rigny Ussé).

Particularités importantes:

1- Deux déversoirs, celui de Villandry (dit du Vieux Cher) et l’autre de La Chapelle-aux-Naux qui sont implantés au confluent de la Loire et du Cher.

2- Le Val est protégé, le long de la Loire par une levée domaniale qui s’étend de Villandry sous le règne de la Clauderie (île Saint Martin) gérée par le DDT 37, puis par la levée du bois Chetif gérée par le Conseil Départemental.

3- La gestion du Cher est réalisée par le DDT 37T, alors que la gestion de l’Indre et du Vieux Cher est de la compétence de la Communauté de Communes, via la SAVI (Syndicat d’Aménagement de la Vallée de l’Indre)

4- La topographie hydraulique est complexe ce qui a incité la DDT a demander un complément à l’étude de danger qui été effectuée sur le val en envisageant cinq scenarii de rupture de levée entre Villandry et Rupuane. Cette étude de danger et son complément seront finalisés au mois de Septembre 2017 et devraient faire l’objet d’une réunion publique d’information (apres information des Maires des communes concernées).

5- L’épisode de crue du Cher et de l’Indre du printemps 2016 a rappelé que si la Loire reste le facteur de menace principal pour le val ses affluents peuvent aussi se manifester de manière indépendante de celle ci.

La Loire bordant le val de Bréhémont:

Entre le val de Bréhémont et sa rive droite ( de Langeais au val d’Authion ) la largeur du lit endigué de la Loire est en moyenne de 700 mètres . Un tel espace permettrait théoriquement le passage d’une très grande crue ( jusqu’à 6000 m3/ seconde) si des rétrécissements ne venaient faire obstacle à l’écoulement normal des flots .

-1- Le pont de Langeais:

Avant la construction du pont de Langeais, inauguré en 1849, les débits de la Loire se sont partagés entre un bras principal, côté Langeais, et un bras secondaire secondaire ( La Chapelle aux Naux). Le pont a été construit au dessus du bras principal. Le bras secondaire est  obstrué par un remblais de terre sur lequel passe la RD 57 ce qui en, cas de crue, prive la Loire d’un tiers de ses capacités normales d’écoulement. Le bras secondaire barré est , de plus, obstrué par une importante végétation.

Les crues de 1856 et 1866 ont montré que la construction du pont sur le seul bras principal était une erreur. Deux solutions se présentaient:

a: Construire une prolongation du pont au dessus du bras secondaire, logique mais couteuse.

b: faciliter l’évacuation  de l’eau en créant un déversoir dans le val de Bréhémont qui, il est vrai, était beaucoup moins peuplé que de nos jours. C’est cette solution, moins couteuse, qui fut, hélas, adoptée, entraînant la construction des réservoirs de Villandry et du vieux Cher. Il faut ajouter que barrer le chenal secondaire en concentrant le flux des eaux du côté du port de Langeais, alors actif, facilitait la navigation vers celui ci.

-2- La Levée du Bois Chétif:

C’est aussi pour faciliter la navigation que, de 1848 à 1851, est construit la Levée du Bois Chétif qui rétrécit la largeur de la Loire à seulement 450 mètres en deux endroits. Située en face de la Chapelle sur la Loire, cette digue d’une longueur d’environ 8 kilomètres démontre 1856 que la, aussi, sa construction mal pensée générait plus de dommages que de profit.Les eaux gagnant en hauteur à cause du rétrécissement du lit créerent d’énormes brêches à la Chapelle sur Loire dévastant le village et inondant le Val d’ Authion. Quelques années plus tard la levée sera sur ses trois derniers kilomètres en amont de la confluence de l’Indre pour réduire la pression sur les eaux sur les levées de La Chapelle sur Loire.

Cette levée est actuellement propriété du Conseil Départemental. Elle est bordée par une forêt alluviale remarquable dont l’entretien est négligé au même titre que celui de la pente (qui sert de piste cyclable pour la Loire à vélo).


Faisons un petit voyage au-dessus de Val de Bréhémont grâce à vues satellite.

Ce survol permet de visualiser les rétrécissements qui se succèdent sur l’étendue du Val.

Confluence Cher / Loire

Dès l’aval de la confluence du Cher et de la Loire, le lit de celle-ci se rétrécit de 700 à 450 mètres.

La vue satellite permet très bien de visualiser ce rétrécissement et de voir que le fleuve est complètement obstrué par la forêt alluviale depuis la confluence jusqu’au viaduc.

 

Pont de Langeais

Une hauteur du pont de Langeais, le lit vif est réduit à la longueur du pont. Le lit secondaire, au sud, barré par le terre-plein, soutien de la route départementale qui prolonge le pont, est entièrement obstrué et végétalisé. La largeur utile de la Loire se réduit à 360 mètres.

La photographie montre bien les bancs de sable qui, dans l’aval du pont, s’installent et réduisent encore la capacité d’écoulement (ils ont été dévoué, pour partie, en 2016, mais leur entretien ne s’assurent pas assuré).

Rigny-Ussé, La Chapelle-sur-Loire

Forêt alluviale du bois chétif

La levée du bois chétif fait rétrécir à 450 mètres le lit de la Loire, qui est plus obstrué par l’île de la clauderie. Cela diminue la capacité d’écoulement de 1000m3 / seconde.

La vue aérienne montre une nette augmentation de l’activité de la formation des bancs de sable.

Notons que nous avons retrouvé un document de «l’autorité de la Loire» qui a déjà été 1990 a réalisé un énoncé prévoyant, entre autre, la suppression de l’île de la Clauderie (N ° 183 ci-dessous)

Depuis 27 ans, rien n’a été fait en ce sens! (extrait du document en annexe).

A tous ces rétrécissements structurels s’ajoutent les nombreux bancs de sable qui se reproduisent et se dégagent d’obstacles à la libre circulation des eaux.

Le Val de Bréhémont se présente comme un goulet d’étranglement qui, en cas de crue, amènera:

– un danger important de rupture des digues de la rive sud qui sont gravement fragilisées (fait avéré par l’étude de danger réalisé en 2016).

– que le lit de la Loire soit  dégagé des obstacles majeurs qui l’encombrent dans le val, mais aussi en amont de celui-ci l’abaisssement de niveau obtenu par celui-ci  peut être jugé à 30-40 cms.

Nous demandons que les mesures nécessaires soient prises, alors que des travaux importants de renforcement des levées de la rive-nord ont été entreprises (Langeais-La Chapelle-sur-Loire) .

Pour cela il faut:

Un Langeais – 1- aménager le terre-plein qui prolonge le pont et la barre la partie sud du lit de la Loire pour permettre l’écoulement des eaux.

2- dégager les bras secondaires qui longe la levée au sud pour permettre le nouveau passage des eaux par ce couloir.

3 continuer la dévégétalisation des bancs de sable qui sont en aval du pont ainsi que l’entretien de la dévégetalisation de ces bancs de sable.

A Rigny-Ussé  : 1- supprimer l’île de la Clauderie qui obstrue le lit de la Loire, mais aussi provoque par la divergence des courants, l’érosion des pieds de levées.

2- nettoyer la forêt alluviale qui, par la densité de sa végétation, est un obstacle à l’écoulement des eaux.

En conclusion  : 1- Réparer les portions de la levée que l’étude de danger de 2016 a révélé hautement fragilisées et supprimer les points bas (Rupuanne)

2 – Redonner à la Loire la circulation libre des eaux en dévégatilisant les bancs de sable en formation et en attendant les frontières de la forêt alluviale.

Nous sommes conscients qu’il s’agit d’un travail d’envergure, d’autant plus important que depuis les années l’entretien du Val a été négligé. Mais leur mesure d’autant plus que ces mesures sont d’intérêt:

général: écoulement plus rapide des crues donc protection des zones amont (Tours)

local : la centrale EDF montre l’exemple en durcissant les protections de ses installations.

mais n’oublions pas que le Val, ses populations, ses zones d’activités économiques (Avoine-Beaumont par exemple) méritent, à égal des autres, d’être protégées.

 

Fonctionnement du Val de Bréhémont

 

Il est situé entre la confluence Cher / Loire et la confluence Loire / Indre.

Initialement le val de Bréhémont et la Chapelle aux Naux du coteau et de l’écoute des basses vallées du Cher et de l’Indre qui se confondait.

Le Val de Bréhémont à une longueur de 14 kms pour une superficie de 1300 ha.

Le Val du Vieux Cher à 8 kms pour une superficie de 700 ha.

Le Val de Bréhémont est entièrement lié à une levée comparable à celle de la rive gauche de la Loire, par rapport au Val du Vieux. se confond.

Les extrémités amonts des deux vals, sont munies de un déversoir. Ces dispositifs ont été conçus au XIXe siècle, de façon que le déversoir du Vieux Cher fonctionne le premier, et si la croûte continue de croître, le céleste de La Chapelle-aux-Naux se mettra en fonction et inonderale Val de Bréhémont. L’un comme l’autre fonctionne avec la rupture des fusibles, soyez à l’écoute des données dans l’étude des dangers.

 

 

L’inondabilité du Val de Bréhémont, se résume en quatre manières différentes:

– Dans l’Indre à l’Aval du Val.
– Par surverse de la Levée du Vieux Cher pour la partie médiane.
– Le fonctionnement des réservoirs de la Chapelle-aux-Naux qui détournera la crue du Cher dans le Val.
– Surverse ci-dessus la Levée de La Loire.
– Aussi à ne pas négliger l’inondation par remontée de nappe.

Le Vieux Cher, autrement dit l’ancien cours du Cher confiné entre coteau et la Levée Sud de Bréhémont, son inondation s’apparente à un val, puisque le Cher ne peut y pénétrer que si le déversoir du Vieux Cher fonctionne. L’Indre y pénètre par remous, ce qui se passait au moment où les levées du Vieux Cher avaient encore leur origine de protection. Ce n’est plus le cas aujourd’hui du fait de leur arasement par endroit, par exemple pour permettre le passage de la route départementale n° 57 à l’entrée de Ligniére de TouraineLe Vieux

 

 

Quelle inondation pour le Val de Bréhémont?

Deux cours d’eau sont les acteurs principaux des épisodes de crues susceptibles d’entraîner l’inondation du val,

la Loire et le Cher pour trois raisons:

_Leur position, le long et en amont de celui-ci

_ L’importance de leurs débits qui s’additionnent lors des périodes de crise les plus critiques

_Parce qu’ils conditionnent tous les deux le fonctionnement des deux réservoirs construits en amont du Val et dont l’ouverture provoque l’inondation de la totalité de celui-ci.

Pour illustrer ce qui va suivre vous pouvez vous référer à la crue de 1982, le débit cumulé de la Loire et du Cher était évalué  à 5100M3 / S.

Dans cette configuration la partie de la confluent de l’Indre et de la Loire jusqu’à la zone entre Rupuane et Bréhémont est inondée par l’Indre (phénomène de remous).

Pour le val dans sa totalité l’avenir dépend alors de la situation au niveau de la Loire et de la résistance des levées sur ses deux rives. L’étude de danger réalisée en 2017 doit permettre de savoir si le niveau de sécurité est atteint sur certains segments des levées. Dans ce cas, pour réduire le risque de rupture des levées en diminuant les contraintes sur celles-ci, la décision de faire fonctionner les réservoirs du Vieux Cher et / ou de la Chapelle aux Naux est plus  que probable  entraînant l’inondation totale du Val de Bréhémont.

Le déversoir du Vieux Cher fonctionnerait en premier. L’ancien cours du Cher qui devait canaliser le flux qui se déversera ne jouera plus un rôle modérateur compte tenu de l’encombrement de son lit et de l’état de délabrement des levées qui avait autrefois le bordaient et tout le val sera inondé rapidement, l’ouverture du déversoir de la Chapelle aux Naux viendra aggraver la situation.

Un tel scénario montre que l’inondation du val dépend principalement de la capacité de la Loire à évacuer le volume de l’eau arrivant de l’amont et du Cher qui vient ajouter ses eaux juste au dessus de la rétrécissement du lit de la Loire au Pont de Langeais.