La Végétation

PROBLÉMATIQUE DU LIT MINEUR DE LA LOIRE

Depuis plus de dix ans, notre association fait le nécessaire par courrier et au cours de rencontres de travail avec la Direction Départementale des Territoires d’Indre-et-Loire, de faire admettre que, au fil des années, la végétation croissante devient de plus en plus envahissante et inquiétante en freinant l’écoulement des eaux dans le lit mineur de la Loire.

Pourtant, depuis 1994, avec le Plan Loire Grandeur Nature, une phrase a souvent été mise en avant « Améliorer la capacité d’écoulement des eaux ». Certes quelques nettoyages ponctuels ont été réalisés, mais sans entretien derrière cela ne donne pas le résultat recherché.

En effet, avec le déclin de la navigation à partir de 1840 au profit de la SNCF, le lit mineur n’a bénéficié d’aucun entretien spécifique pour empêcher l’expansion des îles actuelles et la formation de nouvelles îles.

Photos schématiques afin de bien comprendre

Certes, divers facteurs ont généré l’abaissement de la ligne d’eau en étiage. Ce mécanisme a conduit à la mise à nu de certaines fondations d’ouvrages en contact avec le lit mineur (pile de pont, levée…) qui sont devenues vulnérables.

L’enfoncement de la ligne d’eau a provoqué une exondation plus fréquente et plus longue des îles et chenaux secondaires. La végétation a ainsi pu s’y développer ou s’y densifier, obstruant le lit et ralentissant le courant. Cette diminution des vitesses d’écoulement a favorisé le dépôt des sédiments ce qui a encore aggravé le processus.

Du point de vue hydraulique, le comblement des bras secondaires a réduit la section hydraulique en hautes eaux, ce qui a provoqué le rehaussement de la ligne d’eau en cas de crue et à donc augmenté le risque d’inondation.

Du point de vue écologique, ce fonctionnement a entraîné la fermeture de certains milieux et une tendance à l’uniformisation, entraînant une réduction de la diversité des habitats, donc de la biodiversité végétale et animale.

Le Val de Bréhémont a comme particularité : trois points de rétrécissement du lit mineur d’endiguement sont végétalisés (Pont de l’autoroute 85 – Pont de Langeais – Bois Chétif), Ces endroits ont donné lieu à plusieurs brèches lors des crues centennales de 1846-1856-1866. Les brèches se faisaient aux endroits rétrécis.

Les points de rétrécissements par satellite

Pont autoroute A 85

Pont de Langeais

Ile Saint-Martin à Rigny-Ussé – Début forêt alluviale Bois -Chétif

Sans compter les diverses îles qui se sont formées surtout depuis les années 1950, dont voici quelques photos

Cette île située à Rigny-Ussé occupe un volume de 1000 m3 dans le lit mineur de la LOIRE

Le Val de Bréhémont est surtout touché par ce phénomène et, malgré études sur études, y compris la dernière en date dite « Étude de dangers » réalisée sur les levées des Vals de Villandry et Bréhémont, aucun travaux de dévégétalisation dans le lit mineur de la Loire n’est envisagé.

Actuellement, les travaux en cours suite à l’étude de dangers menée en 2016 ci-dessus mentionnée a mis en évidence trois facteurs principaux de risque de rupture :

– La végétation ligneuse principalement

– Les canalisations traversantes

– Les maisons enclavées

Lors de ces travaux un chemin d’entretien sera créé, indispensable pour la surveillance de l’état de la levée et à la prévention des dégradations.

Certes l’utilité de ces travaux ne peut être niée, mais ils ne reflètent pas les demandes de l’Association sur la dévégétalisation du lit mineur de la Loire ; ces travaux permettraient de retarder au maximum la mise en fonctionnement des déversoirs de Villandry et de La Chapelle aux Naux et pourraient même, de ce fait, éviter l’évacuation des populations et l’inondation du val.

Pour mémoire, en 1982, ces déversoirs n’ont pas été mis en service grâce à l’arrêt du déclenchement du plan ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) à 0 h 30 par M. le Préfet d’Indre-et-Loire de l’époque. S’il avait été mis en œuvre, le Val de Bréhémont aurait été sous une hauteur d’eau telle que tous les accès se seraient retrouvés sous les eaux.

Afin de débattre sur le phénomène de la végétalisation dans le lit mineur de la Loire, l’Association sera reçu à la Direction Départementale des Territoires d’Indre-et-Loire, au service Risques et Sécurité au mois de mars prochain