Réunion du 26 Mars 2019 (DDT TOURS avec Mme POIREAU)

Avec la participation d’Elise POIREAU (responsable du service « risques et sécurité ») de la DDT, d’Isabelle LALUQUE-ALLANO (responsable de l’unité prévention des risques), d’Alexandre TAFFONEAU, de Jean-Pierre MOREAU et de Rosereine GAUTRON de l’Association Levée-le danger.

Le Président remercie Mme POIREAU pour ce rendez-vous.

M me POIREAU fait le point sur les actions à mener ou en cours suite aux études de danger sur le val avec la révision des PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondation) de la Loire avec une meilleure prise en compte du risque de rupture de la digue dont :

  • PPRI Val de Tours-val de Luynes réalisé en 2016
  • PPRI Val d’Authion réalisé fin 2016
  • PPRI Val de Cisse qui débute
  • PPRI Val de Bréhémont-Langeais (jusqu’à la Confluence et concernant 11 communes) qui reste à faire.

La mise à la connaissance du public de l’étude de danger a été effectuée. Il y a lieu de voir comment prendre en compte cette connaissance en attendant le PPRI révisé. Cette étude permet une approche plus fine des hauteurs de submersion.

Diverses explications et informations ont déjà été fournies aux élus et le porté à connaissance (écrit) à destination des élus avec carte récapitulative est en cours d’élaboration.

Il est rappelé que les constructions sont impossibles entre o et 19,50m du pied des levées, digues…. Quelques dérogations sont possibles pour des aménagements, extensions de faible dimension ou des constructions à vocation agricole. Ces dérogations relèvent du Préfet (PPP L2124-118).

Il s’avère que les zones de répercussion des ruptures et brèches sont plus étendues après cette étude.

Le Président est invité à évoquer les divers sujets objets de cette rencontre dont :

  • Le site internet et les quelques termes ou explications qui semblent poser problème.

Le Président aborde la question des termes ou informations présents sur le site Internet de l’association qui seraient inappropriés, inexacts… selon Mme POIREAU. Cette dernière propose de transmettre prochainement les éventuelles corrections à y apporter.

  • Les points bas à Rupuanne occultés lors de la réunion publique

Nous disposons d’une meilleure connaissance des lieux via l’étude de danger.

Il n’est pas envisagé de procéder au rehaussement des digues. Élise POIREAU stipule qu’il faut arrêter la course à la hauteur mais préférer le renforcement de la résistance des ouvrages notamment en cas de crue centennale et pour les points faibles : déversoir du Vieux Cher et partie aval de Bréhémont à « Rupuanne »

Le Président fait remarquer qu’en 1982 (crue 50/70 ans) l’eau s’infiltrait sous la banquette et passait par-dessus la chaussée en amont de la confluence du Vieux Cher. Il ajoute que le plan ORSEC avait été déclenché et que l’évacuation envisagée n’a pas été mise en œuvre car la décrue s’est amorcée vers minuit trente. Tout le monde était sur le qui vive et certains ont passé 72 h sans dormir.

  • La dévégétalisation du lit mineur

Le Président rappelle que M. BRESSON était plutôt favorable à la dévégétalisation du lit mineur avant tout autre type de travaux. Élise POIREAU précise qu’elle partage ce point de vue.

Elle précise qu’au fil des siècles on assiste à un changement morphologique du lit mineur lié à la disparition des usages pastoraux, de l’exploitation du bois… Elle ajoute que le dragage avec la récupération du sable représente 800 ans de sédiments venant du Massif Central.

Il s’avère nécessaire de favoriser la mobilité des sédiments plutôt que leur enlèvement mais ceci nécessite des moyens mécaniques importants.

Des habitats naturels favorisant des espèces endémiques se sont créés. De ce fait il s’avère que rien ne peut être fait sur le lit sans prendre de grandes précautions et sans consensus avec les associations de protection de l’environnement défendant ″becs et ongles″ les lieux.

Les travaux à envisager sont des opérations ponctuelles dont :

  • La réouverture de chenaux secondaires
  • Du terrassement
  • La restauration de frayères.

Il faudrait prévoir un plan de gestion précédé d’une étude environnementale sur 5 à 10 ans.

Il faut savoir que :

  • La grève, au niveau de l’eau, doit rester en grève pour favoriser la nidification des oiseaux
  • Des îles très hautes et anciennes resteront tout en évitant trop d’ensablement à proximité
  • La végétation dense peut avoir un effet de rehaussement du niveau des crues ; une étude est en cours sur ce sujet.

Le Président aborde le problème posé par l’Ile de la Clauderie qui provoque un effet de sur élèvement des eaux, car elle se trouve dans un rétrécissement. Cela représente un volume pris dans le lit mineur de 1000m3. Il demande si une scarification des zones dévégétalisées ne pourrait pas être envisagée comme cela se pratique régulièrement dans le Maine et Loire. Il semblerait que ce soit une question de budget et que, notamment, ce département ne possède que peu d’ouvrages à entretenir. En Indre et Loire il y a de nombreux ouvrages à entretenir et donc peu d’entretien du lit cependant en 2018 il a été effectué du sous-solage sur 40 ha.

En outre il faudrait renouveler ce type d’opération tous les 3 ans pour avoir des grèves propres.

Les brèches se produisent aux rétrécissements et ces zones sont souvent envahies par la végétation qui n’est pas toujours très accessible.

Il semblerait que l’entretien pastoral soit à nouveau envisagé ; quelques expériences sont en test.

Ce sont quelques 6 000ha qui sont concernés dans le lit endigué.

  • Les travaux de dévégétalisation des levées en cours

Les travaux de dévégétalisation de la levée sont en cours de finitions, ils ont commencés plus tardivement que prévu. Ils devaient avoir lieu sur une largeur de 5m de chaque côté de la digue mais côté val cela n’a pas toujours été possible du fait de la présence de terrains privés, de clôtures… Les travaux systématiques étaient prévus jusqu’à Rupuanne avec quelques points particuliers entre Rupuanne et Rigny Ussé.

  • La levée du Cher pour sa rive gauche à Villandry face au château

La DDT est gestionnaire des travaux de renforcement de cette levée pour le compte de la métropole. Les travaux n’ont pas été achevés faute de moyen. Il n’y a pas d’urgence car la solidité de l’ouvrage n’est pas mise en cause selon Mme POIREAU. Ces travaux sont liés à un glissement de talus.

  • Le viaduc du Vieux Cher

Un point est fait sur le viaduc du Vieux Cher. En cas de fonctionnement du déversoir seulement 585 m3 pourront passer dessous. Avec la modélisation effectuée dans le cadre de l’étude de danger, on se rend compte de l’effet de frein à l’écoulement de cet ouvrage qui a été légalement autorisé via la loi sur l’eau et fait dans les règles.

En ce qui concerne l’enrochement effectué récemment la police de l’eau s’est rendue sur place sans relever de situation très inquiétante.

Pour Jean-Pierre MOREAU et les membres de l’association des levées le passage de l’eau étant déjà limité par l’ouvrage initial, se trouve réduit par la végétation qui s’y est développée et par cet enrochement fait sans autorisation (il n’y en avait pas besoin à priori).

  • La piste de la Loire à vélo

L’aménagement des accès en pied de levée en piste pour la Loire à vélo n’est guère envisageable sachant que la Loire à vélo est un projet européen. Le réseau cyclable en Indre et Loire s’intensifie mais cela ne favorisera pas l’amélioration des ouvrages.

  • Le renforcement des levées

Il s’avère que des travaux ont été effectués depuis des décennies. Depuis 2014, ce sont 10km de travaux d’étanchéité qui ont été réalisées entre Tours et Montlouis pour la protection des populations riveraines. Les endiguements ont toujours été remaniés (voir l’étude de danger) et plus particulièrement depuis 1970.

Il faut savoir que les vals qui ″protègent″ le plus de population ont fait l’objet de plus de travaux que les autres ; 2 renforcement sur le Val de Montlouis. Ces travaux sont très coûteux aussi faut-il favoriser les actions les plus opportunes.

Pour le Val de Tours ″il n’y a pas de sérénité de la sécurité des populations par l’évacuation″ ; de ce fait il faut renforcer les protections pour retarder au maximum l’évacuation.

Sur le Val de Bréhémont il faut surtout améliorer les PPRI et la culture du risque.

La réponse travaux n’est pas la seule ; l’approche coût-bénéfice de la dévégétalisation pour une meilleure fiabilisation des endiguements est prise en compte.

Les causes de fragilisation des digues sont maintenant connues et l’étude et les travaux ont permis de découvrir que des canalisations traversantes basses avaient été installées par les allemands et qu’elles ne figuraient sur aucun plan.

NOTA : En matière de culture du risque, le Président regrette que les TAP aient été supprimés notamment à Rigny-Ussé car l’association avait commencé un travail de sensibilisation et d’information sur la Loire sur le risque de crues auprès des écoles. Mme POIREAU précise que la Maison de la Loire et la Métropole sensibilisent les scolaires sur ce sujet et que l’association pourrait prendre contact avec les enseignants des écoles du val pour mettre en place des opérations de sensibilisation.

  • La modification des niveaux de sécurité ?

Cela n’apporte pas de grand changement. En 2016, pour le Cher, il n’y avait pas de connaissance. La dévégétalisation partielle réalisée a supprimé certains désordres et a amélioré la situation.

Les niveaux de sûreté ont peu changés avec l’étude de danger.

  • Carte pour les élus…

Mme POIREAU présente et commente cette carte qui vient d’être achevée. Cette dernière répertorie les zones fréquemment inondables. Ce sera le premier support du porté à connaissance.

  • PGRI (Plan de Gestion des Risques d’Inondation)

Mme POIREAU précise que ces plans ne doivent pas avoir d’enjeux supplémentaires donc pas de constructions supplémentaires dans le cadre des PPRI.

Elle ajoute qu’elle a fait valoir la nécessité que des représentants de l’association des Levées participent à la rédaction du PPRI pour le Val de Bréhémont-Langeais.

Une interrogation reste en ce qui concerne le devenir des bâtiments agricoles qui ne sont plus utilisés, les bâtiments présentant un intérêt patrimonial certain… un régime d’exception devra sans doute être envisagé et mis en place.